Arbitrage des congés payés : comment procéder ?

Deux personnes entrain de calculer et analyser des salaires
6 minutes de lecture

Comprendre l'arbitrage des congés payés, c'est d'abord comprendre une règle simple : à chaque congé posé, deux méthodes de calcul s'affrontent et c'est toujours la plus favorable au salarié qui doit être retenue. Cette opération (bien connue des gestionnaires de paie) mérite pourtant toute votre attention dès que la rémunération se complique un peu : primes variables, changement de rythme de travail, périodes atypiques... On vous explique.

Résumé

L'arbitrage des congés payés impose de comparer deux méthodes de calcul pour retenir celle qui est la plus favorable au salarié.

  • Deux méthodes existent : la règle du 1/10e (rémunération brute) et le maintien de salaire (salaire habituel).
  • Cet arbitrage doit être réalisé à chaque prise de congés (en 6 étapes) pour une indemnisation juste.
  • À la rupture du contrat, les congés non pris donnent droit à une indemnité compensatrice, calculée selon la même logique.

L'arbitrage, c'est tout simplement le fait de comparer deux résultats pour ne garder que le meilleur. Cette comparaison intervient à chaque fois qu'un salarié pose des congés : la paie doit alors déterminer le montant de son indemnité de congés payés, et pour cela, deux méthodes de calcul existent.

Ici, pas de place pour la liberté de choix : la loi encadre strictement ce calcul et impose de comparer systématiquement ces deux méthodes. L'employeur doit calculer l'indemnité selon les deux mécanismes légaux, puis appliquer celui qui donne le résultat le plus avantageux pour le salarié. Cette règle a un objectif clair : garantir au salarié une indemnisation juste durant ses congés, peu importe la façon dont sa rémunération est construite.

Qu'est-ce que l'indemnité compensatrice de congés payés ?

Lorsqu’un salarié quitte l'entreprise sans avoir pris tous ses congés, c'est justement là qu'intervient l'indemnité compensatrice de congé payé. Il s'agit d'une somme que l'employeur doit verser au salarié au moment de la rupture de son contrat de travail, pour compenser les jours de congés qu'il a acquis mais qu'il n'a pas eu le temps de poser.

Et bonne nouvelle pour le salarié : cette indemnité est due quel que soit le motif de la rupture ! À noter qu’elle doit obligatoirement apparaître sur le solde de tout compte remis au salarié à son départ.

Quelles sont les méthodes pour arbitrer les congés payés ?

La règle du 1/10e

La règle du 1/10e part d'un principe simple : on prend en compte toute la rémunération brute perçue par le salarié pendant la période de référence, puis on en calcule un dixième, ajusté au nombre de jours de congés pris.

Elle prend donc tout son sens lorsque le salarié a touché des primes, des majorations ou d'autres éléments variables significatifs sur la période : ces montants viennent alors gonfler la base de calcul, et donc l'indemnité.

Le maintien de salaire

Avec le maintien de salaire, la logique est différente : on ne regarde plus ce que le salarié a réellement perçu, mais ce qu'il aurait touché s'il avait continué à travailler normalement pendant ses congés. Le calcul s'appuie donc sur son salaire habituel et son organisation de travail. Ainsi, dans les situations de rémunération stable, sans grande variation d'un mois à l'autre, c'est souvent cette méthode qui se révèle la plus avantageuse.

Kelio Gestion des congés et absences

Gestion des congés et absences

Préparez les congés sans stress grâce à notre logiciel qui assure votre conformité réglementaire. Avec Kelio, vos congés sont sous contrôle et vos journée allégées !

Découvrez le logiciel en action

Comparaison des méthodes

Vous trouverez ci-dessous un tableau qui résume la différence des deux méthodes d’arbitrage :

 Règle du 1/10eMaintien de salaire
Base de calculRémunération brute sur période de référenceSalaire habituel
Formule(Rémunération × 10 %) ÷ 30 joursSalaire mensuel ÷ jours ouvrables
Favorable si…Primes, heures supplémentaires, éléments variables importantsRémunération stable
Éléments inclusTous éléments bruts (primes, avantages)Salaire de base + éléments fixes
ComplexitéCalcul annuel ou période de référenceCalcul mensuel

Exemple d’arbitrage des congés payés pour un salarié

Prenons le cas de Julien, technicien de maintenance, qui pose une semaine de congés payés (5 jours ouvrables) en juin. Son salaire de base est de 2 200 € bruts par mois. Mais sur la période de référence (juin N-1 à mai N), Julien a également perçu 1 800 € de primes exceptionnelles et heures supplémentaires majorées, en raison d'un pic d'activité.

Calcul selon la règle du 1/10e : on additionne d'abord l'ensemble de sa rémunération brute sur la période de référence : 2 200 € × 12 mois + 1 800 € de primes = 28 200 €. On applique ensuite la règle du dixième : 28 200 € × 10 % = 2 820 € (pour l'ensemble des congés annuels acquis, soit 30 jours ouvrables). Pour 5 jours de congés pris, l'indemnité correspond à : 2 820 € ÷ 30 × 5 = 470 €

Calcul selon le maintien de salaire : on se base cette fois uniquement sur le salaire habituel de Julien, sans tenir compte des primes exceptionnelles : 2 200 € ÷ 26 jours ouvrables (mois de référence) × 5 jours = 423 €.

La règle du 1/10e donne donc 470 € contre 423 € pour le maintien de salaire. Dans cet exemple, la règle du 1/10e est plus favorable à Julien grâce aux primes perçues durant l'année. C'est donc cette méthode que l'employeur doit retenir pour le paiement de son indemnité de congés payés. Sans arbitrage, un calcul basé uniquement sur le maintien de salaire aurait privé Julien de 47 € sur cette seule semaine de congés !

6 étapes pour réaliser l'arbitrage

Étape 1 : Identifier la période de référence

Avant tout calcul, il faut déterminer la période de référence applicable au salarié (généralement du 1er juin au 31 mai, sauf accord d'entreprise spécifique). C'est sur cette période que sera analysée l'ensemble de sa rémunération.

Étape 2 : Recenser tous les éléments de rémunération perçus

Il s'agit ensuite de lister précisément tout ce que le salarié a perçu durant cette période : salaire de base, primes, heures supplémentaires, majorations, avantages en nature… Cette étape est importante puisqu’un oubli fausserait le calcul de la règle du 1/10e.

Étape 3 : Calculer l'indemnité selon la règle du 1/10e

À partir de ce total, l'employeur applique la formule du dixième, puis ajuste le résultat au nombre de jours de congés effectivement pris par le salarié.

Étape 4 : Calculer l'indemnité selon le maintien de salaire

En parallèle, l'employeur calcule ce que le salarié aurait perçu s'il avait continué à travailler normalement, en se basant sur son salaire habituel et son organisation de travail.

Étape 5 : Comparer les deux résultats

Une fois les deux montants obtenus, l'employeur les compare simplement l'un à l'autre.

Étape 6 : Retenir et verser le montant le plus favorable

Enfin, l'employeur applique la méthode donnant le résultat le plus élevé pour le salarié et procède au versement de l'indemnité correspondante sur le bulletin de paie.

Avec Kelio, l'arbitrage des congés payés n'est plus une contrainte de calcul à surveiller mois après mois : il devient un processus fiable et automatisé, qui vous fait gagner du temps tout en garantissant les droits de vos salariés.

Bon à savoir

Bon à savoir : Cet arbitrage doit être réalisé à chaque prise de congés et non une seule fois par an. Un salarié qui pose plusieurs périodes de congés dans l'année peut donc voir des méthodes différentes s'appliquer selon les périodes concernées.

Avec Kelio, l'arbitrage des congés payés n'est plus une contrainte de calcul à surveiller mois après mois : il devient un processus fiable et automatisé, qui vous fait gagner du temps tout en garantissant les droits de vos salariés.

Facilitez la gestion des congés avec Kelio

+ 5 000 000 utilisateurs dans le monde

39 ans d’expertise logicielle

Interface intuitive et facile d'utilisation

Robinson Bordes

Robinson Bordes

De la biologie marine aux ressources humaines, en passant par plusieurs expériences à l’international, le parcours de Robinson Bordes sort des sentiers battus. Aujourd’hui chef de produit GTA chez Kelio, il conçoit des solutions dédiées à la gestion des temps et à la planification adaptées aux besoins concrets des entreprises et de leurs collaborateurs.