Avant de boucler les valises et de glisser les pieds dans le sable, un dernier coup de collier s'impose : les actualités Paie de juillet ne prennent pas de vacances ! Au programme : la loi enfants gravement malades, le serrage de vis sur les arrêts maladie avec la loi anti-fraude et la nouvelle liste d’éco-score pour vos véhicules électriques. On fait le point express pour partir l'esprit tranquille !
Enfants gravement malades : quels impacts sur la paie et les processus RH ?
La loi visant à améliorer la protection et l’accompagnement des parents d'enfants atteints d’un cancer, d’une maladie grave ou d’un handicap est entrée en vigueur le 14 juin 2026, sous réserve, pour certaines mesures, des décrets d’application nécessaires.
Annonce d'une pathologie : allongement du congé légal à 10 jours
La loi augmente à 10 jours ouvrables, contre 5 jours ouvrables à ce jour, la durée du congé légal sous réserve des dispositions conventionnelles ou des accords d’entreprise qui peuvent s’avérer plus favorables.
Congé de présence parentale : une protection renforcée et un délai de prévenance réduit
Pour rappel, il s’agit d’un congé destiné aux parents salariés dont l’enfant à charge est atteint d’une maladie, d’un handicap ou est victime d’un accident d’une particulière gravité rendant indispensables une présence soutenue et des soins contraignants.
Protection des parents pendant le congé de présence parentale
À l’heure actuelle, aucun employeur ne peut rompre le contrat de travail d'un salarié pendant un congé de présence parentale, ni pendant les périodes travaillées si le congé de présence parentale est fractionné ou pris à temps partiel, sauf s'il justifie d'une faute grave de l'intéressé ou de son impossibilité de maintenir ce contrat pour un motif étranger à l'état de santé de l'enfant de l'intéressé. La loi ajoute que cela ne sera pas non plus possible pendant les 10 semaines suivant l’expiration de ce congé.
Délai de prévenance de l’employeur réduit
Jusqu’à présent, le salarié qui souhaitait bénéficier du congé de présence parentale devait en informer l'employeur au moins 15 jours avant le début du congé. La loi réduit à 10 jours ce délai de prévenance.
Vers un droit opposable à l'aménagement d'horaires et au télétravail pour les parents
Jusqu’à ce jour, seuls les aidants familiaux et les proches d'une personne handicapée bénéficiaient d'un aménagement d'horaires individualisés propre à faciliter l'accompagnement de cette personne.
Dans la loi, le droit à un aménagement des horaires de travail est élargi aux parents ou responsables légaux d’un enfant dont l’état de santé rend indispensable une présence soutenue et des soins contraignants.
Le but est d’instituer un droit opposable à l’aménagement des horaires, un droit prioritaire au télétravail et une protection contre les mutations géographiques non consenties.
Épargne retraite : l'affection grave de l'enfant devient un nouveau cas de déblocage anticipé du PERECO et PERO
Pour mémoire, les sommes affectées sur un plan d’épargne retraite d’entreprise collectif (PERECO) ou obligatoire (PERO, dit aussi PERE-OB) sont bloquées jusqu’à l’échéance du plan (schématiquement, jusqu’à la retraite), à l’exception de quelques cas de déblocage anticipé, en particulier l’invalidité de niveau 2 ou 3 du titulaire ou de ses enfants.
Mais ce classement en invalidité ne couvre pas toutes les atteintes graves à la santé d’un enfant.
C’est pourquoi la loi ajoute un nouveau cas de déblocage anticipé : l’affection grave, le handicap ou la survenue d’un accident d’une particulière gravité chez l’enfant à la charge du titulaire du plan.
Attention : ce nouveau cas de déblocage anticipé ne s’applique pas aux anciens PERCO (plan d’épargne retraite collectif) régis par le code du travail toujours en fonctionnement, qui relève d’autres règles prévues par le code du travail. Pour étendre ce nouveau cas de déblocage anticipé à ces plans d’épargne, le gouvernement devra prendre un décret en ce sens.
Évolution de l’Allocation Journalière de Présence Parentale (AJPP) : nouveaux délais et gestion de la résidence alternée
Rappel du fonctionnement de l’allocation journalière de présence parentale avant la nouvelle loi
Tout salarié qui assume la charge d'un enfant atteint d'une maladie, d'un handicap ou victime d'un accident d'une particulière gravité rendant indispensables une présence soutenue et des soins contraignants peut bénéficier d’un congé de présence parentale. Sauf dispositions conventionnelles ou usages contraires, ce congé n’est pas rémunéré. En revanche, le salarié peut bénéficier d'une allocation journalière de présence parentale (AJPP), versée par la CAF.
La Loi prévoit plusieurs modifications
- Délais de réexamen de l’enfant : le droit à l'AJPP était ouvert pour une période égale à la durée prévisible du traitement de l'enfant, dans une certaine limite. Lorsque le médecin le prévoit, la durée fait l'objet d'un réexamen à l'échéance qu'il a fixée et qui ne peut être inférieure à 6 mois ni supérieure à 1 an. Dans tous les cas, lorsque la durée prévisible du traitement excède 1 an, elle fait l'objet d'un nouvel examen à cette échéance.
La loi allonge de deux mois le délai maximal de réexamen en le portant à 14 mois (contre un an). Ainsi, avec la loi nouvelle, si le médecin le prévoit, la durée du droit à l’AJPP fait l’objet d’un réexamen à l’échéance qu’il a fixée et qui ne peut être inférieure à 6 mois ni supérieure à 14 mois. Dans tous les cas, lorsque la durée prévisible du traitement de l’enfant excède 14 mois, elle fait l'objet d'un nouvel examen à cette échéance. - AJPP en cas de résidence alternée : jusqu’à présent, c’est la règle de l’allocataire unique prévue en matière de prestations familiales qui s’applique à l'AJPP, puisqu'il s’agit d’une prestation familiale. Pour les parents en couple, cette règle s’applique avec une certaine souplesse. Ainsi, ils peuvent bénéficier simultanément ou alternativement de l'AJPP, à condition de ne pas aller au-delà du quota réglementaire de 22 jours par mois. En revanche, en cas de séparation, l’allocataire unique, qui peut changer annuellement, est le seul à pouvoir bénéficier des AJPP.
La loi insère une règle pour gérer la situation en cas de garde partagée
- En cas de résidence alternée de l’enfant au domicile de chacun des parents mise en œuvre de manière effective, les parents désignent l’allocataire ;
- Néanmoins, le droit à l'AJPP peut être ouvert aux deux parents s’ils bénéficient déjà, le cas échéant, d’un partage des allocations familiales et qu'ils remplissent les modalités et conditions prévues pour l'attribution du complément pour libre choix du mode de garde en cas de garde alternée.
- La mesure entrera en vigueur 18 mois après la promulgation de la loi, pour laisser le temps à la rédaction d’un décret qui précisera, notamment, en cas d’ouverture du droit aux deux parents le nombre maximal d’allocations journalières versées et les conditions de cumul avec d’autres prestations familiales.
Avantage en nature véhicule électrique : mise à jour de la liste éco-score minimale
Rappel de la réglementation applicable
Lorsqu'un employeur met à la disposition permanente d’un salarié un véhicule dont il est propriétaire ou locataire, l’utilisation privée qui en est faite représente un avantage en nature (AN) qui doit être soumis à cotisations.
Deux méthodes de valorisation de l’AN véhicule existent : l’évaluation sur option de l'employeur sur la base des dépenses réellement engagées ou sur la base d’un forfait annuel.
En outre, des règles spécifiques dérogatoires d'évaluation de l’AN véhicule, applicables aussi bien en cas d’évaluation au réel que dans l’hypothèse d’une évaluation forfaitaire, ont toutefois été prévues pour les véhicules fonctionnant exclusivement au moyen de l’énergie électrique mis à disposition par l'employeur entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2027.
Pour les mises à disposition intervenant à partir du 1er février 2025, ces règles dérogatoires ne peuvent jouer que pour les véhicules respectant, en outre, une condition spécifique de score environnemental permettant le bénéfice d’un bonus écologique. Le véhicule satisfait à cette condition lorsque la version de véhicules dont il relève figure dans la classification établie par un arrêté du 14 décembre 2023, modifié à plusieurs reprises, fixant la liste des versions de voitures particulières électriques éligibles au bonus écologique.
L’AN est alors évalué comme pour un véhicule thermique, au réel ou au forfait, mais sans tenir compte des frais d’électricité engagés par l’employeur pour la recharge du véhicule.
Un abattement s'applique aussi au montant de l’AN ainsi évalué, qui varie en fonction de la date à laquelle la mise à disposition du véhicule est intervenue :
- Si la mise à la disposition du salarié a commencé entre le 1er janvier 2020 et le 31 janvier 2025, on applique au montant de l’AN, évalué au réel ou au forfait, un abattement de 50 %, dans la limite de 2 026,30 € par an en 2026.
- Pour un véhicule dont la mise à disposition du salarié commence entre le 1er février 2025 et le 31 décembre 2027, l’abattement diffère selon que l’AN est évalué sur une base réelle ou forfaitaire :
- au réel, on applique au montant de l’AN un abattement de 50 %, dans la limite de 2 026,30 € par an en 2026 ;
- au forfait, on applique au montant de l’AN un abattement de 70 %, dans la limite de 4 641,60 € par an en 2026.
Si le véhicule ne respecte pas l’éco-score minimal, l’évaluation de l’avantage en nature, au réel ou au forfait, est effectuée sans tenir compte de l’abattement. Il n’y a pas lieu, néanmoins, de tenir compte des éventuels frais d'électricité engagés par l'employeur pour la recharge du véhicule.
Le BOSS a précisé que pour un véhicule qui ne figure pas dans la classification établie par l’arrêté du 14 décembre 2023 au moment de sa mise à disposition du salarié, mais qui l’intègre par la suite, l’abattement de 70 % est valable à compter de la date à laquelle le véhicule concerné a intégré ladite liste. Etant donné que cette précision concerne uniquement l’abattement de 70 %, elle concerne exclusivement l’évaluation forfaitaire de l’avantage en nature pour un véhicule mis à la disposition du salarié entre le 1er février 2025 et le 31 décembre 2027.
Pour la période comprise entre la mise à disposition du véhicule et l’obtention de l'éco-score, l'avantage en nature est évalué sans la prise en compte de l’abattement. L’abattement pourra être appliqué à compter de la date d’intégration du véhicule dans la liste d’éligibilité officielle précitée.
Éco-score minimal : la liste actualisée des voitures électriques éligibles à l’abattement
Un arrêté du 17 juin 2026 a modifié la classification retenue pour vérifier si les véhicules remplissent, ou non, la condition d'éco-score minimum présentée ci-avant.
La liste est ainsi actualisée en corrigeant un nom de modèle de véhicule et en ajoutant, à compter du 19 juin 2026, de nouveaux véhicules remplissant les critères du score environnemental minimal. Le tableau est consultable dans l’arrêté disponible sur le site Legifrance.
Par conséquent, le véhicule qui ne figurait pas dans la classification établie par l’arrêté du 14 décembre 2023 au moment de sa mise à disposition du salarié, mais qui l’intègre par la suite à travers ce nouvel arrêté, bénéficiera de l’abattement de 70 % à compter du 19 juin 2026.
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