Illustration d'une femme qui allaite son enfant

Tout savoir sur le congé d’allaitement

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un allaitement exclusif jusqu’aux 6 mois de l’enfant. Mais dans les faits, cette période coïncide souvent avec la reprise du travail. Manque d’aménagements, fatigue, pas de congé d’allaitement : quelles possibilités pour allaiter au travail ? Découvrez tout ce qu’il faut savoir pour concilier allaitement et vie professionnelle.

Qu’est-ce que le congé d’allaitement ?

Le congé d’allaitement désigne une période d'absence du travail (à temps plein) spécialement dédiée à l’allaitement d’un enfant après sa naissance. En théorie, la mère peut ensuite prolonger son congé maternité pour se consacrer à l’allaitement, sans avoir à reprendre son activité professionnelle immédiatement.

Ce congé a bien existé en France : il a été mis en place en 1950, mais a été supprimé en 1975. Depuis cette date, le Code du travail ne prévoit plus de "congé d’allaitement" officiel. Autrement dit, aujourd’hui en France, aucune salariée ne peut légalement prolonger son congé maternité simplement au titre de l’allaitement.

Une salariée peut-elle allaiter pendant son temps de travail ?

Oui, une salariée a le droit d’allaiter son enfant pendant ses heures de travail, jusqu’au premier anniversaire de l’enfant : ce droit est prévu par le Code du travail. Ainsi, elle peut s’absenter 1 heure par jour pour allaiter.

Cette heure est répartie en deux temps dans la journée :

  • 30 minutes le matin ;
  • 30 minutes l’après-midi.

Et si aucun accord n’est trouvé avec l’employeur ? Les temps d’allaitement sont alors positionnés au milieu de chaque demi-journée de travail, par défaut. Si l’entreprise met à disposition un espace adapté à l’allaitement (dans ou à proximité des locaux), alors la durée est réduite à 20 minutes par demi-journée.

Pour les agentes de la fonction publique, les règles ont évolué : avant 2019, les pauses d’allaitement n’étaient possibles que si l’enfant était gardé dans une crèche située sur le lieu de travail. Depuis la loi de transformation de la fonction publique, ces pauses sont désormais autorisées, mais sous réserve des nécessités de service. En clair : elles sont possibles, à condition que l’organisation du service le permette.

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En principe, les temps consacrés à l’allaitement ne sont pas payés puisqu’ils ne sont pas considérés comme du temps de travail effectif. Ils sont assimilés à un temps d’arrêt partiel, et donc non rémunérés (sauf disposition contraire dans la convention collective).

Par quoi remplacer le congé allaitement ? 5 options

1. Adapter la durée de votre congé maternité

La salariée a la possibilité de réduire la durée de votre congé prénatal (avant la naissance) pour l’ajouter à votre congé postnatal. Elle peut ainsi rester plus longtemps avec son bébé après l’accouchement, et ainsi favoriser l’allaitement dans les premières semaines.

2. Demander un congé pathologique postnatal

En cas d’accouchement difficile ou de fatigue importante, un médecin peut prescrire un congé pathologique après l’accouchement. Ce congé peut aller jusqu’à 4 semaines et vise à préserver la santé de la nouvelle maman ou celle de son enfant. Ce n’est pas un congé dédié à l’allaitement, mais il permet de le poursuivre sereinement. Il est soumis aux mêmes règles qu’un arrêt maladie classique.

3. Utiliser ses congés payés

Si la jeune mère a acquis des jours de congés payés, elle peut demander à rester plus longtemps avec son enfant : il est alors possible de continuer l’allaitement tout en étant rémunérée. Attention toutefois : l’accord de l’employeur est nécessaire, et les droits varient selon chaque contrat de travail (CDI, CDD) et votre convention collective.

4. Passer à temps partiel

Autre alternative au congé d’allaitement : reprendre le travail à temps partiel. Cette formule permet de se dégager du temps pour allaiter tout en maintenant une activité professionnelle. De nouveau, il faudra pour cela trouver un accord avec son employeur, qui pourra adapter votre poste ou en ouvrir un autre à temps partiel.

5. Opter pour un congé parental d’éducation

Enfin, pour se consacrer pleinement à son enfant, le congé parental d’éducation permet de réduire ou de suspendre votre activité. Même s’il ne vise pas uniquement à favoriser l’allaitement, il peut offrir un cadre plus souple pour le poursuivre. Ce congé parental n’est pas rémunéré par l’employeur, mais la salariée peut percevoir des aides de la CAF, comme la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE).

Illustration d'une femme enceinte qui regarde son calendrier
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Prolonger un congé maternité : que dit la loi, et que peuvent prévoir les entreprises ?

Il faut savoir que le Code du travail encadre strictement les possibilités de prolongation du congé maternité. En effet, seule une situation médicale liée à la grossesse ou à l’accouchement permet officiellement d’allonger cette période.

Mais en cas de suites de couches pathologiques (attestées par certificat médical), la salariée peut bénéficier :

  • de jusqu’à 2 semaines supplémentaires avant la naissance ;
  • et jusqu’à 4 semaines après l’accouchement.

Dans ce cas, l’arrêt est assimilé à un congé maladie, avec les mêmes obligations : présentation d’un certificat médical et indemnisation dans les mêmes conditions.

Et si une salariée souhaite prolonger son congé pour allaiter ? Il n’existe aucun droit automatique au prolongement du congé maternité pour raison d’allaitement. Mais certaines conventions collectives ou accords d’entreprise prévoient des jours ou semaines supplémentaires après le congé maternité : cela reste à la discrétion de l’employeur ou du cadre conventionnel. 

Les salles d’allaitement en entreprise : quelles obligations pour les RH ?

À partir de 100 salariés, l’employeur a l’obligation de prévoir un local dédié à l’allaitement. Vous pouvez alors offrir un environnement hygiénique et respectueux des besoins des jeunes mères ! Il peut se situer dans les locaux de l’entreprise ou à proximité immédiate, mais il doit répondre à des critères précis : 

  • être distinct des bureaux et des lieux de travail ;
  • disposer d’une ouverture sur l’extérieur ;
  • bénéficier d’un éclairage suffisant et d’un renouvellement permanent de l’air ;
  • être équipé d’un lavabo et de sièges adaptés ;
  • maintenir une température appropriée ;
  • et faire l’objet d’un entretien régulier.

En dessous de 100 salariés, aucune obligation légale n’impose la création d’un local d’allaitement. Pour autant, certaines entreprises choisissent d’en aménager un volontairement dans une logique de qualité de vie au travail.

Pourquoi mettre en place un congé d’allaitement dans votre entreprise ?

Un véritable levier de qualité de vie au travail (QVT)

Pour de nombreuses jeunes mamans, la reprise du travail marque un moment délicat : comment continuer à allaiter tout en assurant ses missions ? En accordant quelques jours (voire quelques semaines de congé supplémentaires), vous permettez à vos salariées de vivre cette transition plus sereinement. Elles subissent moins de stress, elles ont une meilleure santé physique et mentale, et donc leur retour au travail sera plus durable et plus efficace !

Une très bonne marque employeur

Le congé d’allaitement n’est certes pas prévu par le Code du travail en France, mais de plus en plus d’entreprises choisissent de proposer un temps supplémentaire dédié à l’allaitement après le congé maternité. Et ce n’est pas un hasard ! Proposer un congé d’allaitement volontaire, c’est aussi envoyer un signal fort : “ici, on prend soin des salariées”. On respecte les choix de parentalité et on valorise l’équilibre entre vie pro/vie perso. C’est un atout différenciant pour attirer (et fidéliser) les talents féminins.

Un climat social plus apaisé

Anticiper les besoins liés à la parentalité, c’est aussi prévenir des tensions ou des incompréhensions au retour du congé maternité. Une politique claire, connue en amont par toutes, permettra de fluidifier les échanges et de réduire les situations de blocage, par exemple une demande de temps partiel urgente ou des arrêts maladie répétés.

Et si vous vous dites que ce congé d’allaitement est une brique ajoutée à vos obligations RH, pas d’inquiétude : Kelio vous accompagne de A à Z. Il vous suffit de paramétrer l’ajout de ce congé, puis tout se fait en quelques clics sur notre plateforme. De manière automatique ou à la main de la collaboratrice, Kelio vous permet une gestion dématérialisée de ce congé d’allaitement pour vous faire gagner du temps !

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