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Une salariée enceinte a droit à un congé maternité de 16 semaines. Mais si son état de santé le justifie, elle peut obtenir un repos supplémentaire, connu sous le nom de congé pathologique. Quels sont les critères d'éligibilité à ce congé et comment est-il indemnisé ? Quelle différence entre le congé pathologique prénatal et le congé pathologique postnatal ? Comment en bénéficier ? Nous répondons à toutes vos questions
Résumé
Le congé pathologique prolonge le congé maternité en cas de grossesse à risque ou complications.
- Il débute 14 jours avant le congé maternité et s'étend jusqu'à 28 jours après.
- Il est indemnisé par la Sécurité sociale sans carence.
- Il protège la salariée contre tout licenciement pendant cette période
Définition du congé pathologique
Le congé pathologique est un prolongement du congé maternité ordinairement accordé pour 16 semaines, lui-même divisé en 6 semaines de repos prénatal avant la date prévue de l'accouchement et 10 semaines de repos postnatal. Ce temps peut être étendu pour les mères ayant déjà des enfants à charge ou attendant plusieurs bébés, avec un maximum possible de 46 semaines pour des naissances multiples.
Ce congé additionnel de maternité peut être prescrit en cas de grossesse considérée à risque, de complications médicales durant la grossesse ou de rétablissement difficile après l'accouchement. Un médecin généraliste ou un gynécologue est habilité à prescrire ce repos supplémentaire.
Durant le congé pathologique de grossesse, la future mère est tenue de rester chez elle, tout comme elle le ferait pour un congé classique. La Sécurité sociale peut réaliser des vérifications pour s'assurer que ce repos est justifié et non abusif.
Quelle spécificité par rapport à un arrêt maladie classique ?
La durée standard du congé maternité peut être prolongée en fonction de certains critères liés à la grossesse, notamment le nombre d'enfants attendus et le nombre d'enfants déjà à charge. À savoir que les durées légales du congé parental servent de minimums. Une convention collective ou un accord d’entreprise peut offrir des conditions plus avantageuses, prolongeant cette durée.
De plus, certaines grossesses sont considérées comme à risque en raison de complications médicales pouvant compromettre la santé de la mère ou la vie de l'enfant, qualifiées de grossesses pathologiques. Le congé pathologique est alors spécifiquement prescrit pour des conditions directement liées à la grossesse. Si la maladie de la salariée enceinte n’est pas directement liée à sa grossesse, seul un arrêt maladie ordinaire peut être envisagé.
Congé pathologique prénatal VS congé pathologique postnatal : quelle différence ?
Congé pathologique prénatal
La grossesse peut engendrer divers maux, nécessitant parfois une cessation temporaire de l'activité professionnelle pour la santé de la femme enceinte. Parmi les raisons courantes, on trouve :
- l'hypertension artérielle ;
- le risque d'accouchement prématuré ;
- le diabète gestationnel ;
- la fatigue excessive.
Dans de tels cas de grossesse à risque, une fois la déclaration de maternité soumise à la CPAM, le médecin suivi peut prescrire un congé pathologique prénatal. Ce repos spécifique, indépendant du congé maternité, peut s'étendre jusqu'à 14 jours et peut être divisé en plusieurs périodes. Il est important de noter que ce congé n'est pas systématiquement accordé et dépend de l'évaluation médicale du besoin de repos, au-delà d'une simple sensation de fatigue.
Congé pathologique postnatal
Après l'accouchement, certaines complications comme les suites difficiles d'une césarienne ou une dépression postnatale peuvent nécessiter une extension du congé maternité. Ce repos supplémentaire, nommé repos pour suite de couches pathologiques, vise à permettre une récupération adéquate de la mère avant qu'elle ne reprenne le travail. Prescrit par un médecin, ce congé peut durer jusqu'à 28 jours (4 semaines) et doit immédiatement suivre le congé maternité.
Pour que ce temps de repos soit reconnu comme un congé pathologique, il doit explicitement mentionner un état pathologique résultant de la grossesse. En l'absence de cette mention ou si le congé est pris après une reprise du travail, il est reclassifié comme un arrêt maladie ordinaire.
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Quelle est la durée du congé de grossesse pathologique ?
La durée du congé pathologique, qui est systématiquement prescrit par un médecin, s'ajoute à celle du congé maternité standard :
- Congé pathologique prénatal : jusqu'à 2 semaines avant la date prévue de l'accouchement.
- Congé pathologique postnatal : jusqu'à 4 semaines après l'accouchement.
Le congé pathologique prénatal est de 14 jours ouvrés, qui peuvent être pris de manière consécutive ou non. Ceux-ci ne sont pas transférables à la période postnatale. De plus, similaire au congé maladie, la salariée est généralement tenue de rester à domicile durant cette période. Pour le congé pathologique postnatal, le décompte commence dès le jour de l'accouchement.
Comment bénéficier du congé maternité étendu ?
Pour bénéficier d'un congé pathologique, prénatal ou postnatal, celui-ci doit être prescrit par un médecin généraliste ou un gynécologue. La salariée doit ensuite informer son employeur en envoyant une lettre recommandée avec accusé de réception, accompagnée du certificat médical.
À savoir que bien qu'une sage-femme puisse émettre un arrêt maladie pour sa patiente durant la grossesse pour une période allant jusqu'à 15 jours calendaires, elle n'est pas habilitée à prescrire un congé pathologique. Seul un gynécologue obstétricien ou un médecin généraliste peut prescrire ce type de congé aux femmes enceintes.
Lorsqu'une femme enceinte est placée en congé pathologique, le médecin lui remet un certificat médical spécifiant la maladie liée à l'état de grossesse. Elle doit envoyer les deux premiers volets de l’avis d’arrêt de travail à la CPAM et le troisième à son employeur par lettre recommandée avec accusé de réception, dans les 48 heures.
Votre employeur ne peut pas refuser ce congé car c'est un droit garanti. Cependant, le médecin n'est pas obligé de prescrire un congé pathologique s'il juge que cela n'est pas nécessaire. Toutefois, dans la pratique, il est très rare qu'un médecin refuse ce congé à sa patiente.
Il est important de noter que les arrêts de travail prolongés au-delà des congés pathologiques usuels sont indemnisés selon les règles ordinaires des arrêts de travail. Pour chaque période d'arrêt (congé prénatal, maternité, postnatal, parental ou maladie), une nouvelle attestation doit être envoyée. L'indemnisation des congés prénatal et postnatal est effectuée sans période de carence.
Comment est rémunéré le congé pathologique ?
Le montant de l’indemnisation pendant le congé pathologique est versé par la Sécurité sociale selon des règles qui diffèrent pour les congés prénatal et postnatal. Durant le congé, la femme enceinte reçoit des indemnités maternité calculées sur la base de la moyenne de ses 3 derniers salaires bruts, sans dépasser le plafond fixé par la Sécurité sociale (4 005 € en 2026).
Dans le cadre d'un arrêt de travail ordinaire, l'indemnité journalière est de 50 % du salaire journalier de base. Les conventions collectives applicables peuvent également prévoir un complément de salaire de la part de l’employeur. Il est à noter qu'une femme en congé pathologique, qu'il soit prénatal ou postnatal, ne peut pas être licenciée.
Pour estimer précisément le montant des indemnités dues pour un congé pathologique, l’Assurance Maladie offre un simulateur disponible sur Ameli.fr, où les femmes enceintes peuvent entrer leur situation professionnelle, les dates de début et de fin du congé, ainsi que les salaires bruts des 3 derniers mois.
Pour aller plus loin :
Exemple de calcul du montant de l'indemnité
Prenons le cas de Sarah, salariée dont les 3 derniers salaires bruts mensuels s'élèvent à 2 400 €, 2 400 € et 2 500 € (soit une moyenne de 2 433 € par mois).
- Calcul du salaire journalier de base : la moyenne des 3 salaires est divisée par 91,25 (soit 3 mois x 30,42 jours) = 2 433 € / 91,25 = 26,66 € brut/jour
- Calcul de l'indemnité journalière (IJ) maternité : elle correspond à ce salaire journalier de base, dans la limite du plafond fixé par la Sécurité sociale. Le plafond mensuel de 4 005 € en 2026 donne un plafond journalier de = 4 005 € / 91,25 = 43,89 € brut/jour maximum
Comme le salaire journalier de Sarah (26,66 €) est inférieur au plafond (43,89 €), elle percevra l'intégralité de son IJ (soit environ 26,66 € brut par jour), versée sans jour de carence pendant toute la durée de son congé pathologique.
Pour un congé pathologique prénatal de 14 jours, Sarah percevra ainsi environ 373 € brut au total (26,66 € x 14 jours) avant déduction des cotisations sociales applicables aux IJSS.
Quel impact sur les congés payés et l'ancienneté ?
Particularité souvent méconnue du congé pathologique : son traitement favorable concernant le calcul des congés payés et de l'ancienneté, bien plus avantageux qu'un arrêt maladie classique ! En effet, la période de congé pathologique (tout comme le congé maternité) est assimilée à du temps de travail effectif.
La salariée continue d'acquérir des congés payés pendant toute la durée de son congé pathologique, exactement comme si elle avait continué à travailler normalement. De plus, cette période compte intégralement dans le calcul de l'ancienneté, ce qui peut avoir des conséquences directes sur des éléments comme le calcul de l'indemnité de licenciement, l'accès à certains avantages liés à l'ancienneté (primes, treizième mois, jours de congés supplémentaires) ou encore les critères d'éligibilité à une formation.
À titre de comparaison, un arrêt maladie classique (non lié à la grossesse) n'est pas systématiquement assimilé à du temps de travail effectif pour l'acquisition des congés payés (sauf disposition plus favorable prévue par la convention collective applicable).
Congé pathologique et protection contre le licenciement
Les règles applicables pendant la grossesse et le congé pathologique
Dès l'annonce de sa grossesse à son employeur, la salariée bénéficie d'une protection renforcée contre le licenciement : elle se poursuit pendant toute la durée du congé pathologique, du congé maternité, puis se prolonge encore 10 semaines après la reprise du travail.
Cela signifie que l'employeur ne peut pas rompre le contrat de travail pour un motif lié à l'état de grossesse ou à la maternité. Toute mention de la grossesse ou de l'absence pour congé pathologique dans une lettre de licenciement rend ce dernier automatiquement nul.
Il existe néanmoins deux exceptions à cette protection :
- une faute grave non liée à l'état de grossesse (comme un vol ou un acte de violence) ;
- ou une impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la grossesse (par exemple, une suppression de poste dans le cadre d'un licenciement économique).
Bon à savoir
Cette protection s'applique que la salariée soit en CDI ou en CDD, dès lors que sa grossesse est médicalement constatée et notifiée à l'employeur.
Que faire en cas de licenciement abusif pendant cette période ?
Si une salariée est licenciée alors qu'elle se trouve en congé pathologique ou en congé maternité, et sans que l'employeur puisse justifier d'une faute grave ou d'une impossibilité réelle de maintenir le contrat, ce licenciement est considéré comme nul de plein droit.
La salariée dispose alors de plusieurs recours :
- demander sa réintégration dans l'entreprise, à son poste ou à un poste équivalent, avec paiement des salaires qu'elle aurait dû percevoir entre son licenciement et sa réintégration.
- saisir le Conseil de Prud'hommes pour faire reconnaître la nullité du licenciement et obtenir des dommages et intérêts, qui viennent s'ajouter aux indemnités de licenciement classiques (préavis, congés payés, indemnité légale ou conventionnelle).
- se faire accompagner par un syndicat, un avocat spécialisé en droit du travail ou l'inspection du travail pour constituer un dossier solide et faire valoir ses droits.
Congé pathologique et statut particulier des salariées
Nous avons essentiellement parlé de salariées en CDI dans cet article, mais le congé concerne également les autres statuts professionnels :
- Salariées en CDD : elles ont les mêmes droits que les CDI en matière de congé pathologique. Si le CDD arrive à échéance pendant ce congé, le contrat n'est pas prolongé sauf clause contraire (mais les IJSS continuent d'être versées par la Sécurité sociale jusqu'à la fin du congé).
- Indépendantes et professions libérales : elles sont éligibles au congé pathologique sous condition d'affiliation et de cotisations suffisantes. L'indemnisation est calculée sur le revenu annuel moyen des 3 dernières années, avec des montants forfaitaires spécifiques selon le régime (SSI, CIPAV).
- Arrêt de travail avant la grossesse déclarée : possibilité de basculer vers le régime maternité dès la déclaration de grossesse, sans nouvelle carence, sous réserve de présenter les justificatifs médicaux appropriés à la CPAM.
Bon à savoir
Par contre, ce congé ne concerne pas le conjoint puisqu'il est directement lié à l'état de santé de la future mère.
La mutuelle pour compenser les pertes financières
La prise d'un congé pathologique peut donc avoir des répercussions financières, notamment une perte de revenu et des dépenses accrues si des examens médicaux supplémentaires sont nécessaires pour traiter les complications liées à la grossesse. Pour atténuer ces impacts financiers, il est conseillé de choisir une bonne mutuelle maternité en amont.
Une telle couverture vous aidera non seulement à compenser la perte de salaire, particulièrement pendant le congé pathologique postnatal, mais aussi à bénéficier de meilleurs taux de remboursement pour toutes les consultations médicales liées à la grossesse et à l'accouchement, comme les échographies, les prises de sang et les hospitalisations.
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De la biologie marine aux ressources humaines, en passant par plusieurs expériences à l’international, le parcours de Robinson Bordes sort des sentiers battus. Aujourd’hui chef de produit GTA chez Kelio, il conçoit des solutions dédiées à la gestion des temps et à la planification adaptées aux besoins concrets des entreprises et de leurs collaborateurs.