Prendre des congés payés est un droit fondamental pour tout salarié, mais encore faut-il les poser à temps ! Mais dans certaines situations bien précises, la loi permet (voire impose) de reporter des congés payés non pris. Décryptage de ces règles essentielles à connaître, notamment depuis le récent revirement de jurisprudence sur le sort des congés en cas de maladie.
Résumé
Chaque mois de travail effectif permet d'acquérir 2,5 jours de congés payés sur une période de référence du 1er juin au 31 mai.
- En principe, les congés non pris avant le 31 mai sont perdus, sauf accord entre les parties ou situations particulières.
- Depuis 2025, la Cour de cassation reconnaît au salarié tombé malade pendant ses congés payés le droit de les voir reportés.
- Le délai de report en cas de maladie est fixé à 15 mois (point de départ fluctuant selon la durée de l'arrêt de travail).
Une fois les congés acquis, quand peuvent-ils être posés ?
Les jours accumulés durant la période de référence ne peuvent pas être pris n'importe quand : ils doivent être utilisés au cours d'une autre période, appelée "période de prise des congés". Là encore, une convention ou un accord collectif peut la définir. À défaut d'accord, c'est l'employeur qui fixe cette période, après avoir consulté le CSE lorsqu'il existe.
Deux obligations d'information s'imposent alors à lui :
- communiquer la période de prise aux salariés au moins 2 mois avant son ouverture ;
- informer chaque salarié de son ordre de départ au moins 1 mois à l'avance.
Quelle que soit la période retenue par l'entreprise, elle doit obligatoirement inclure les mois allant du 1er mai au 31 octobre. Si le salarié a acquis plus de 12 jours de congés, il doit en poser au moins 12 jours ouvrables consécutifs pendant cette fenêtre estivale.
Congés non pris : perdus ou reportés ?
Le principe : des congés perdus si l'employeur a rempli ses obligations
Lorsque l'employeur a correctement respecté ses obligations (affichage de la période de prise dans les délais, communication de l'ordre des départs…), les congés que le salarié n'a pas posés sont, en principe, définitivement perdus. Aucun report automatique du congé payé n'est prévu dans ce cas.
Cela dit, certaines souplesses existent : un report reste possible si un usage dans l'entreprise le permet ou si employeur et salarié s'accordent sur ce point.
L'exception : quand l'employeur n'a pas joué son rôle
La situation change radicalement si l'employeur n'a pas respecté ses obligations (absence d'information sur la période de prise, non-respect des délais, etc.). Dans ce cas, deux issues sont possibles :
- si le contrat de travail se poursuit, les congés non pris sont reportés ;
- si le contrat prend fin, ils sont convertis en indemnité compensatrice de congés payés.
Autre option, si l'entreprise le propose : ces jours peuvent également être versés sur un compte épargne-temps (CET).
Gestion des congés et absences
Préparez les congés sans stress grâce à notre logiciel qui assure votre conformité réglementaire. Avec Kelio, vos congés sont sous contrôle et vos journée allégées !
Report des congés payés non pris après le 31 mai : ce que dit la loi
La règle générale : une date limite au 31 mai
Les congés payés acquis pendant une période de référence donnée doivent donc, en principe, être posés avant une date butoir : le 31 mai de l'année suivante. Sauf disposition conventionnelle contraire, la période de référence s'étend classiquement du 1er juin de l'année N-1 au 31 mai de l'année N. Petit exemple : les congés acquis entre le 1er juin 2024 et le 31 mai 2025 doivent impérativement être pris avant le 31 mai 2026.
Que deviennent les congés non soldés au 31 mai ?
Passé ce délai, les congés non pris sont purement et simplement perdus et cela vaut aussi bien pour les 4 premières semaines que pour la fameuse 5e semaine, qui ne bénéficie d'aucun traitement de faveur sur ce point. Toutefois, la loi prévoit des exceptions : dans certaines situations, le report des congés devient possible (voire obligatoire).
Quand le report est-il possible ?
Si l'employeur a correctement mis le salarié en mesure de poser ses congés et que celui-ci ne l'a pas fait avant le 31 mai, ses jours sont normalement perdus. Deux exceptions permettent néanmoins d'y échapper :
- un accord entre l'employeur et le salarié pour reporter tout ou partie des congés non pris ;
- une convention ou un accord collectif qui prévoit explicitement cette possibilité de report.
Quand le report devient-il obligatoire ?
Certaines situations imposent légalement le report des congés non pris, notamment :
- Le refus de congés par l'employeur : si l'employeur oppose un refus justifié par des circonstances exceptionnelles, il doit tout de même permettre au salarié de prendre ses congés à un autre moment.
- Le décalage imposé par l'employeur : lorsque celui-ci demande au salarié de repousser ses congés en raison de circonstances exceptionnelles.
- Une contrainte extérieure subie par le salarié : arrêt maladie ou accident (professionnel ou non), congé de maternité ou d'adoption.
L’outil est à la fois visuel, facile et fiable. Les collaborateurs sont plus à l'aise pour poser leurs congés et les managers pour les valider.
Responsable paie & administration du personnel de la société Moldtecs
Malade pendant ses congés : le droit au report enfin reconnu
Un revirement de jurisprudence majeur
Le 10 septembre 2025, la Cour de cassation a rendu une décision qui change les règles du jeu en matière de congés payés. La question posée était simple : un salarié tombant malade pendant ses congés payés a-t-il le droit de les reporter ? La réponse des juges est claire : oui ! Dès lors qu'un salarié en arrêt maladie pendant ses congés payés en informe son employeur, il peut exiger que ces jours soient reportés.
La logique derrière cette décision est simple à comprendre : les congés payés servent à se reposer. Or, un salarié malade ne peut pas se reposer correctement. Il est donc logique qu'il puisse récupérer ces jours de congés pour en profiter réellement une fois rétabli. Par cette décision, la Cour de cassation aligne le droit français sur le droit européen.
Attention à une condition essentielle : pour bénéficier de ce report, le salarié doit impérativement notifier son arrêt de travail à son employeur. Sans cette notification, pas de droit au report. Cette nouvelle règle s'applique dès maintenant, sans délai de mise en œuvre.
Pour aller plus loin :
Combien de temps pour reporter ces congés ?
Quand un salarié ne peut pas prendre ses congés à cause d'une maladie ou d'un accident (qu'il soit professionnel ou non), il dispose d'un délai pour les reporter et les utiliser plus tard : 15 mois, sauf si un accord collectif prévoit un délai plus favorable.
Le point de départ de ce délai diffère selon la durée de l'arrêt de travail :
- Arrêt de moins d'un an : le compteur démarre à partir du moment où l'employeur communique au salarié les informations sur ses droits à congés.
- Arrêt de plus d'un an : le délai démarre à la fin de la période de référence au cours de laquelle les congés ont été acquis. Ce délai reste toutefois suspendu tant que le salarié n'a pas reçu ces informations essentielles de la part de son employeur.
Bon à savoir
L'employeur ne peut pas invoquer la perte des congés non pris à l'issue du délai de report s'il n'est pas en mesure de prouver qu'il a réellement permis au salarié d'exercer ce droit. Autrement dit, la charge de la preuve repose sur l'employeur.
Gérez mieux vos congés payés avec Kelio
Suivre manuellement les périodes d'acquisition, les délais de report et les cas particuliers liés à la maladie ? C’est rapidement chronophage pour vos équipes RH. Kelio simplifie cette gestion grâce à un logiciel de gestion des congés et absences qui calcule automatiquement les droits, vous alerte sur les délais à respecter et sécurise les échanges d'informations avec les salariés. Découvrez comment Kelio peut transformer votre gestion des congés annuels !
Simplifiez la gestion des congés avec Kelio !
+ 5 000 000 utilisateurs
39 ans d’expertise
Sécurité et intégrité de vos données