Contrat saisonnier : comment le rédiger conformément au Code du travail ?

Un homme et femme sourient en regardant des papiers

Emilie Dion, Cheffe de produit RH


5 minutes de lecture

Le recrutement de saisonniers représente un défi annuel pour de nombreuses entreprises : il faut un contrat conforme au Code du travail et une gestion RH fluide pour absorber les pics d'activité. Nous vous guidons sur la définition légale, les mentions obligatoires, les spécificités financières et les obligations de fin de contrat, pour une gestion administrative maîtrisée grâce à une solution de gestion RH centralisée.

Résumé

  • Le contrat saisonnier est un CDD réservé aux tâches qui se répètent chaque année à dates fixes (art. L.1242-2 du Code du travail). Sa durée maximale est de 8 mois, renouvelable sans délai de carence.
  • Pas de prime de précarité (art. L.1243-10), mais une indemnité compensatrice de congés payés de 10 % du salaire brut versée en fin de contrat.
  • Le contrat écrit est obligatoire et remis dans les 2 jours ouvrables. L'absence de mentions expose l'employeur à un risque de requalification en CDI.

Qu'est-ce qu'un contrat saisonnier selon le Code du travail ?

Le contrat de travail saisonnier est un CDD conclu pour exécuter des tâches qui se répètent chaque année à des dates à peu près fixes, selon le rythme des saisons ou des modes de vie collectifs (art. L.1242-2 du Code du travail). La variation d'activité doit être indépendante de la volonté de l'employeur.

Définition

Le contrat saisonnier est un CDD d'usage pour les emplois dont les tâches se répètent chaque année à dates fixes, selon le rythme des saisons ou des modes de vie collectifs. L'arrêté du 5 mai 2017 identifie 17 branches où l'emploi saisonnier est développé : tourisme, hôtellerie-restauration, agriculture, parcs de loisirs, activités de plein air. La variation d'activité doit être indépendante de la volonté de l'employeur.

Il faut distinguer ce contrat du CDD pour accroissement temporaire d'activité. Un contrat mentionnant « accroissement temporaire » n'est pas un contrat saisonnier et suit des règles différentes, notamment l'obligation de verser une prime de précarité. Le job d'été est un terme courant, pas une catégorie juridique : seul le motif saisonnier du CDD compte aux yeux du Code du travail.

Quelles mentions obligatoires inclure dans un contrat de travail saisonnier ?

Le contrat de travail saisonnier doit être rédigé par écrit et transmis au salarié au plus tard dans les 2 jours ouvrables suivant l'embauche. L'absence d'écrit ou des mentions manquantes entraîne une présomption de CDI (art. L.1242-7 et L.1251-11 du Code du travail).

Le contrat doit contenir les mentions obligatoires suivantes :

  • La définition précise du motif saisonnier
  • La date de fin ou la durée minimale (terme incertain = durée de la saison)
  • Le poste occupé et la qualification
  • L'intitulé de la convention collective applicable
  • La période d'essai éventuelle
  • La rémunération et ses composantes
  • La caisse de retraite complémentaire et l'organisme de prévoyance

Le contrat peut être conclu à terme précis (de date à date) ou à terme incertain, pour la durée de la saison, avec une durée minimale d'emploi librement fixée. Une clause de reconduction peut être prévue : elle doit établir une priorité d'emploi pour le salarié, et non une reconduction automatique, sous peine d'une requalification en CDI.

Pour un emploi saisonnier avec logement, la clause du contrat précise les conditions d'hébergement et, le cas échéant, la retenue sur salaire correspondante.

Cadre légal

Le contrat saisonnier est encadré par plusieurs articles du Code du travail. L'article L.1242-2 définit le motif saisonnier, les articles L.1242-7 et L.1251-11 sanctionnent l'absence d'écrit par une présomption de CDI, et l'article L.1243-10 exclut le versement de la prime de précarité. Vous devez également transmettre le contrat dans les 2 jours ouvrables suivant l'embauche. Le non-respect de ces obligations expose votre entreprise à des sanctions financières et juridiques.

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Prime de fin de contrat saisonnier, congés payés et rémunération : ce que prévoit le Code du travail

Le contrat saisonnier régi par le Code du travail prévoit des règles financières spécifiques. En fin de contrat, vous ne versez pas la prime de précarité de 10 % (art. L.1243-10 du Code du travail), sauf si la convention collective applicable est plus favorable.

En revanche, une indemnité compensatrice de congés payés est due : elle correspond à 10 % du salaire brut total, heures supplémentaires comprises, et est versée en fin de contrat si les congés n'ont pas été pris pendant la saison. Le salarié acquiert 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois travaillé, que ce soit en temps plein ou en temps partiel.

Depuis le 1er juin 2026, le SMIC est fixé à 12,31 € bruts par heure. Le contrat peut prévoir une rémunération sur les heures réellement travaillées, sans passer par un horaire forfaitaire. Une prime d'ancienneté s'applique si vous cumulez des contrats saisonniers successifs dans la même entreprise. Les heures supplémentaires sont majorées et intégrées dans le calcul de l'indemnité compensatrice de congés payés.

Bon à savoir

L'absence de prime de précarité s'applique aux contrats saisonniers, car les tâches se répètent chaque année. Certaines conventions collectives prévoient toutefois le versement d'une indemnité de fin de contrat. Vérifiez les dispositions de votre convention collective avant de rédiger le contrat. En cas de doute, rapprochez-vous d'un expert juridique ou de votre organisme syndical.

Fin de contrat saisonnier : solde de tout compte et obligations de sortie

La fin d'un contrat saisonnier impose la remise de trois documents au salarié : le certificat de travail, l'attestation France Travail et le reçu pour solde de tout compte.

Le solde de tout compte comprend le salaire restant dû, l'indemnité compensatrice de congés payés (10 %) et les éventuelles heures supplémentaires non rémunérées. La rupture du contrat saisonnier doit respecter le préavis prévu et être formalisée par écrit.

Le droit à la reconduction, issu de la loi du 21 mars 2022, s'applique automatiquement dans les 17 branches concernées. Pour en bénéficier, le salarié doit avoir effectué au moins 2 saisons consécutives chez le même employeur, à condition qu'un poste compatible soit disponible. L'employeur doit l'informer de ce droit par tout moyen conférant date certaine, comme une lettre recommandée ou un courriel avec accusé de réception.

Dans la restauration, le contrat saisonnier s'adapte aux horaires décalés, au temps partiel et à la gestion des tips. Pour gérer la paie de ces collaborateurs, vous devez suivre avec rigueur les heures réellement effectuées.

À retenir

  • Remettez impérativement les trois documents de sortie au salarié : certificat de travail, attestation France Travail et reçu pour solde de tout compte.
  • Calculez le solde de tout compte en intégrant l'indemnité compensatrice de congés payés de 10 % et les heures supplémentaires.
  • Respectez le droit à reconduction après 2 saisons consécutives dans les 17 branches concernées, en informant le salarié par écrit.

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Emilie Dion

Emilie Dion

Cheffe de produit RH chez Kelio, Émilie Dion pilote les évolutions du SIRH sur l’ensemble du cycle RH : de l’onboarding à l’offboarding en passant par le pilotage des entretiens ou encore le suivi des compétences... Elle transforme les retours terrain en améliorations produit concrètes et priorisées.